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Quelques Jolis Contes – Extrait 2, pages 19 à 20 (Oums!)

(…)

Je ne sus quoi répondre, et d’ailleurs, je préférais toujours le dévisager avec étonnement. Trois yeux dorés, une crinière jaune citron lumineuse et… beaucoup de pattes.

« Vous êtes ridicule vous-même avec vos deux pattes et votre teint blafard », affirma-t-il d’un air vexé suite à une pensée intime que je croyais justement intime.

« Je… heu, je suis désolé, je ne voulais pas dire…

— Pourtant, vous l’avez dit, et je trouve que vous êtes souvent désolé.

— Quand je pense, je ne veux pas forcément dire…

— C’est une phrase aussi ridicule que « quand je marche, je ne veux pas forcément avancer »

— Mais, heu…

— Vous avez une conversation pauvre, parfois »

Les trois yeux dorés interrogateurs semblaient intimider mon mental au point de lui imposer le silence, et en effet je ne savais plus quoi penser. Une crainte vint toutefois soudainement me hérisser. Je m’exclamai :

« Vous mangez… quoi au juste, au fait ?

— Les visiteurs sortis de cette cabane », répondit-il du tac au tac.

Je me raidis dans un silence pour le moins gêné, jusqu’à ce qu’il m’adresse à nouveau la parole :

« Je ne fais que répéter la supposition stupide que vous pensiez en me posant la question. Je mange des fleurs. Comme tout le monde, à l’exception évidemment des fleurs qui ne se nourrissent que de belles pensées »

(…)

 
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