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Quelques Jolis Contes – Extrait 1, pages 15 à 16 (la Fée Humaine)

Il était une fois une petite fée qui voulait grandir. Un jour, elle s’assit à l’arbre des souhaits et demanda une forme humaine. Toute joyeuse, elle se précipita vers le monde humain afin de soutenir des hommes qui semblaient avoir tellement besoin de son amour. Le temps s’écoula peu qu’elle revint pourtant déjà à son arbre.

— Donne-moi le sentiment humain, murmura la jeune fée, car telle suis-je qu’aucun homme ne peut parvenir à me comprendre…

La fée sentit soudainement en elle la mélancolie et la larme amère des pleurs qui ne sont pas de joie, mais aussi l’espoir et le désir de transmuer cette tristesse en beauté et en tendresse. Elle se précipita à nouveau vers le monde humain ; pourtant elle fut bientôt de retour à son arbre.

— Je n’y arrive pas… soupira le merveilleux être. Arbre, peux-tu m’aider à nouveau ?

— Oui, répondit l’arbre. Si tu veux parvenir à la réalisation de ta quête, tu devras oublier ce que tu es, afin de rejoindre plus entièrement la destinée humaine.

— Je le souhaite de tout mon cœur, répondit humblement la gracieuse enfant des doux mondes de la féerie.

— Qu’il en soit ainsi, répondit l’Arbre. Lorsque les jours de sagesse étreindront à nouveau la destinée des Hommes, alors tu retrouveras ce que tu es, grandie de ton expérience parmi eux.

La petite fée rejoignit alors le monde des hommes et ne revint plus à l’arbre. Les temps passèrent et les jours de sagesse se rapprochèrent en mesure. La légende veut pourtant que sans les fées et les licornes, sans les guides merveilleux qui firent don d’eux-mêmes et de leur amour, nul aurore n’aurait jamais su percer l’obscurité qui s’était étendue sur les cœurs des hommes et des femmes en leur destinée terrestre…

 
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